Je n’ai pas d’argent pour me lancer en affaires

Si vous ne vous lancer pas en affaires, peut-être que c’est avant tout, une question de manque d’argent. Combien vous faut-il d’argent pour vous lancer en affaires ? Combien il vous faut pour vous sentir sécure ?

L’éclatement de la bulle en 2001 nous a appris que même si vous disposiez de 100 000 000 $, cela pourrait s’avérer insuffisant pour lancer avec succès, une entreprise technologique.

L’ange financier  Terry Matthews (Mitel) investit toujours le strict minimum dans les entreprises qu’il incube, à petite doze, à coup de quelques dizaines de milliers de dollars, juste ce qu’il faut pour amener une solution sur le marché.  Les entrepreneurs en apprentissage risquent de dilapider les précieux fonds, en publicité, en mobilier, en salaires extraordinaires, si trop d’argent leur est confié.  Cela ne prend pas une tonne d’argent pour trouver une solution technologique à un problème, mais beaucoup d’effort et de créativité. Lui-même a débuté en affaires avec une mise de fonds de 4 000 $ provenant d’un prêt personnel. Lorsque vous avez de l’argent, vous le dépensez, mais lorsque vous n’en avez pas, vous ajoutez une contrainte de plus qui vous incite à être plus créatif.

Il y a aussi l’histoire d’un groupe d’entrepreneurs qui s’était lancé dans la fabrication de gâteaux de spécialité, en investissant massivement dans des équipements de pointe, afin comme ils disaient, d’être prêt à recevoir des commandes, mais sans client à la carte. Croulant sous les dettes, l’entreprise a fermé rapidement ses portes. À vrai dire, lorsqu’on leur propose un nouveau produit, la majorité des clients démontreront de l’ouverture, mais cela ne les feront pas nécessairement acheter. Selon l’approche effectuelle cependant, les entrepreneurs talentueux privilégient la co-création en faisant des partenariats avec leurs clients.

Environ 70 % des entrepreneurs ont démarré avec moins de 20 000 $ en poche. De plus, dans bien des cas, il faut  moins de 5 000 $ pour tester une idée sur le marché. On construit une entreprise en générant des ventes et non en investissant massivement dans la dernière technologie ou le tape-à-l’oeil.  La vente, c’est la partie la plus noble parce elle représente la seule fonction de l’entreprise qui permet de  joindre une solution à un besoin d’un client. Ceux qui n’aiment pas le faire, devrait apprendre à aimer vendre ou trouver quelqu’un pour le faire à leur place.

Voici quelques conseils pour vous libérer de la barrière du manque d’argent :

  • Commencez à apprendre maintenant en vous mettant en relation avec vos fournisseurs, vos clients, vos partenaires, etc. Daniel Déry, l’inventeur de la Water-Gate, une barrière d’eau pour contrer les inondations, ne connaissait rien aux toiles.  Il a dû faire ses classes et courir les fabricants afin de leur demander conseil.
  • Coupez vos frais fixes au minimum, coupez le gaspillage, coupez vos investissements. A ses débuts, l’entreprise les Papiers Cascades remettait en état de fonctionner des équipements vétustes. Elle achetait de vieux équipements à travers le monde. Tout ceci n’a qu’un seul but : réduire les coûts de fabrication afin que la firme puisse conserver son avantage sur le marché.
  • Créez des partenariats, avec vos fournisseurs, vos clients, ou vos distributeurs. Paul Galant, inventeur du casse-tête en 3D et fondateur de Wrebbit, fît une démonstration-choc  à l’acheteur de FAO Schwarz lorsqu’il lança le casse-tête 3D intitulé « Le vieux manoir », dans les airs, lequel retomba entier sur la table. Paul Galant dit alors à l’acheteur impressionné: « Vous voyez! Pas de clous, pas de colle, juste des pièces imbriquées les unes dans les autres ». Mais c’est grâce à un partenariat avec le distributeur Hasbro que le réputé casse-tête, connut un succès international.
  • Utilisez votre créativité pour réunir les ressources dont vous avez besoin. Benoît Fredette, le fondateur de la microboulangerie le Fromentier à Montréal, ne s’était pas laissé découragé par le refus des banques de financer son projet. Il a proposé à quelque 400 clients, parents et amis d’acheter des « bons enfarinés » d’une valeur de 100 $, échangeables contre une valeur de 125 $ en pain. 40 000 dollars ont ainsi été amassés. Il a démarré son entreprise, sans subvention de l’État, ni prêt,  en créant un partenariat avec ses clients, qui lui sont restés fidèles.
  • Enfin! Négociez tout.

Le milliardaire belge Albert Frère avait mis la main en 1954, sur le Ruau, une fonderie qui constituait son premier outil de production. Il avait découvert cependant que les installations étaient désuètes et songeait tout bonnement de l’envoyer à la casse.

Il décida plutôt de la moderniser, grâce à un prêt du gouvernement. Ses talents de négociateur avaient aussi mis à profit lorsqu’il achetait à la baisse, les outils de production dont le Ruau avait besoin, en faisant jouer les offres concurrentes de fournisseurs.

Le baron Albert Frère

Contrairement aux autres aciéries qui fabriquent en premier et vendent par la suite, Albert Frère inversait la logique.  Il trouvait d’abord le client et produisait après.  Sans expérience, il a appris à fabriquer de l’acier, a développer des profilés spéciaux et a réaliser des commandes, que peu de fournisseurs savaient produire.

Donc, si jamais le manque d’argent devenait un frein pour vous lancer en affaires, faites plutôt appel à votre créativité pour trouver une solution à ce problème.

Par Jean Lepage

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A propos jeanlepage

Œuvrant dans les domaines du développement économique et de l’entreprenariat depuis plus de 25 ans, Jean Lepage a contribué à soutenir un bon nombre d’entrepreneurs dans la création et l’expansion de leur entreprise. Il a aussi lancé à son propre compte plusieurs entreprises. Aujourd’hui, il dirige une équipe composée d’une quinzaine de professionnels en développement économique au sein de Développement économique – CLD Gatineau. Il siège aussi sur plusieurs conseils d’administration et tables de concertation de divers organismes. A titre d’auteur et chroniqueur, il s’intéresse à la créativité et à l’innovation. Auteur du livre " Innover pour prospérer ", il a aussi publié une quarantaine d’articles dans le journal Réseaux.
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5 commentaires pour Je n’ai pas d’argent pour me lancer en affaires

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  4. Très intéressant et encourageant pour nos futurs entrepreneurs!
    Au plaisir!
    Christiane Néron, Capitale entrepreneur

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