Du Cambodge à Gatineau

Obligé de fuir son pays natal, le Cambodge, qui était aux prises par l’invasion des Khmers rouges dans les années 70, monsieur You est arrivé au Canada à l’âge de 16 ans. Pendant cette époque sombre que vivait le Cambodge, Rasmey travaillait, comme des centaines d’autres cambodgiens, dans des camps de concentration où il était complètement coupé du monde extérieur. Il  n’avait donc jamais entendu parler du Canada.

À son arrivé à Montréal, il n’avait aucun repères et devait tout apprendre : la langue, les mœurs, la culture, etc. Doté d’une grande curiosité et d’une volonté d’apprendre, chaque journée lui apportait un lot de découvertes qui l’amenait toujours à vouloir en savoir plus.

Rasmey a débuté ses études au Québec à 17 ans, âge à laquelle il a complété son secondaire 5 avec succès. Pendant sa dernière année de secondaire, il suivait les cours le soir et travaillait comme plongeur dans une pâtisserie à Montréal pendant le jour. Son milieu de travail a été marquant dans son apprentissage du français. Monsieur You nomme cette étape de son intégration comme « l’école de la vie ». Il s’informait, lisait, se documentait et s’entourait de québécois et c’est cette curiosité qui a accélérer son intégration.

Alors qu’il était plongeur, il avait beaucoup de temps pour réfléchir à son avenir et graduellement, l’idée de partir en affaires occupait de plus en plus ses pensées. En observant les étalages bondés de nourriture dans les épiceries, la sécurité qui régnait dans les rues, la démocratie et la qualité de vie au Québec, il se disait qu’un monde de possibilités s’offrait à lui.

Ayant travaillé gratuitement et pratiquement sans nourriture lorsqu’il était dans les camps de concentration au Cambodge, l’idée de partir en affaires ne lui faisait pas peur et tout était possible.

Il a donc commencé peu à peu à aider les pâtissiers où il travaillait dans plusieurs tâches, telle que la décoration de gâteau. Apprenant très rapidement, Rasmey a reçu la proposition d’apprendre le métier. Il a alors pris des cours sur le chocolat à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, mais a appris majoritairement le métier de pâtissier par lui-même, en lisant et par imitation. Encore une fois, il prônait «l’école de la vie» comme moyen de réussir.

En 1982, s’apercevant qu’il y avait très peu de pâtisserie au Québec, il prît la décision de démarrer son entreprise. À partir de ce moment, il a décidé de concentré toute son énergie vers cet objectif et a fait un plan d’action. Il s’est donné 7 ans pour planifier son projet et cela lui a permis d’économiser et d’en apprendre davantage sur le domaine. Il a également eu la chance d’avoir sa mère comme mentor qui lui a montré comment réalisé des épargnes.

En 1989, alors que Rasmey complétait un stage en pâtisserie à Montréal, la vie a mis sur son chemin la personne qui allait devenir non seulement sa future partenaire d’affaires mais également sa future épouse. Ensemble, ils partageaient une passion commune pour la cuisine. Gatineau était alors l’endroit idéal pour démarrer leur entreprise, car voyant qu’il y avait une forte demande pour les pâtisseries dans cette région, mais que l’offre était faible, il y avait certainement une opportunité d’affaires.

La volonté de réussir de Monsieur You, les connaissances en affaires et en biochimie de sa partenaire, leurs passions communes pour la pâtisserie et finalement leur détermination les ont amenés à créer une véritable institution à Gatineau : La pâtisserie Fine Fidélices.

Développement économique CLD Gatineau

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A propos jeanlepage

Œuvrant dans les domaines du développement économique et de l’entreprenariat depuis plus de 25 ans, Jean Lepage a contribué à soutenir un bon nombre d’entrepreneurs dans la création et l’expansion de leur entreprise. Il a aussi lancé à son propre compte plusieurs entreprises. Aujourd’hui, il dirige une équipe composée d’une quinzaine de professionnels en développement économique au sein de Développement économique – CLD Gatineau. Il siège aussi sur plusieurs conseils d’administration et tables de concertation de divers organismes. A titre d’auteur et chroniqueur, il s’intéresse à la créativité et à l’innovation. Auteur du livre " Innover pour prospérer ", il a aussi publié une quarantaine d’articles dans le journal Réseaux.
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2 commentaires pour Du Cambodge à Gatineau

  1. J’ai eu l’occasion de collaborer avec Rasmey et c’est un homme d’affaires très organisé. Félicitations.

  2. Il s’agit d’une histoire inspirante et unique ! Félicitation à Monsieur You pour la création de ce fleuron à Gatineau.

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