Évolution du développement économique au Québec

1935- 1960

Sous le gouvernement Duplessis, le développement économique du Québec mise sur l’abondance des ressources naturelles afin d’attirer les investissements étrangers. Des régions plus éloignées, vers le nord et vers l’est, sont colonisées. L’industrialisation se poursuit. Le rythme de la croissance sera le plus élevé au Canada. En 1934, le tiers du capital investi au Québec était américain. Cette tendance s’est s’accentuée pendant et après la Deuxième Guerre.

1960-1980

Le développement économique d’une région se fait grâce aux investissements extérieurs et à l’attraction des entreprises sur le territoire. Le métier de développeur économique se régionalise. Afin de rendre les villes plus attractives, le développement des infrastructures devient une priorité. Plusieurs villes créent des postes de commissaires industriels. Ils ont pour tâche de promouvoir leur ville auprès des investisseurs, de faire de l’animation économique, prospecter et favoriser l’expansion industrielle. Le travail des commissaires industriels ne consiste pas à accompagner les promoteurs dans le démarrage de leur entreprise ou de leur projet.

L’Association des commissaires industriels du Québec (ACIQ), qui deviendra l’APDEQ, voit le jour en 1959. Sa création répond au besoin des commissaires industriels de se regrouper pour partager leurs préoccupations et leur vision de l’économie québécoise.

apdeq

1980- 1995

La création d’entreprises devient un moyen de redynamiser le tissu économique et relancer l’emploi. Face à l’essoufflement de la croissance industrielle, l’État désire stimuler la création de PME. Conséquent à cet objectif, la diminution du nombre de chômeurs et de prestataires de l’aide sociale devient une cible importante. On part désormais en affaires pour se sortir de sa précarité.

En 1985, les groupes de soutien aux initiatives jeunesse voient le jour (ancêtres des SAJE). Ces organismes sont davantage une mesure d’intégration sociale qu’un outil de développement économique.

Tout est à faire, tout est à construire, les outils l’accompagnement, les liens avec la communauté. Le plan d’affaires devient l’outil central de l’accompagnement. Il a d’abord été conçu dans les années 1970 pour la grande entreprise, avant de servir d’outils de validation des idées pour les investisseurs dans les années 80, puis adapté à un contexte de démarrage. Le professeur Paul Dell’Aniello propose une version québécoise du plan d’affaires.

Le gouvernement fédéral met sur pied, entre 1986 et 1991, des organismes que l’on appelle aujourd’hui les Sociétés d’aide au développement des collectivités (SADC). On les retrouvent partout au Québec, sauf dans les grandes villes.

1995- 2012

Le développement local concerté devenir la voie privilégiée en matière de développement des collectivités.

À Montréal, des organismes réclament une prise en charge de la relance par le milieu lui-même et recommandent, à cette fin, la création d’organismes réunissant les intervenants locaux. Dès 1990, la première génération de Corporations de développement économique et communautaire (CDEC) voit le jour. Les CDEC ont un triple mandat, l’employabilité, les services-conseils aux entrepreneurs et l’animation économique des milieux.

La Politique de soutien au développement local et régional du Gouvernement du Québec propose en 1997 la mise en place de centres locaux de développement (CLD), un remaniement de centres locaux d’emploi (CLE) et le positionnement des Conseils régionaux de développement (CRD) à la grandeur du Québec.

En 2003, Le Gouvernement du Québec délègue aux Municipalités régionales de comté (MRC), certains rôles et responsabilités en matière de développement local. Les CLD deviennent de compétence municipale.

Le métier d’accompagnateur d’entreprises s’ajuste à ce nouveau model. Il s’apprend davantage sur le tas. Il n’y a pas de profils types de conseillers, ni même de certification ou de formations spécialises pour les encadrer. Les 120 CLD ne sont pas seuls. Les organismes et les structures d’accompagnement se multiplient. Au Québec, il y a plus de 1 007 organismes qui viennent en aide aux entrepreneurs.

2012-

La remise en question des structures d’accompagnement et les restrictions budgétaires des différents paliers gouvernementaux créent un climat d’incertitude. De nouveaux rôles apparaissent pour les développeurs économiques. Il devient un agent réseau. Il doit avoir une meilleure compréhension des écosystèmes, de l’approche collaborative, de la cocréation, du travail en réseau et de l’innovation ouverte. Ceci constituent de nouvelles approches en matière de développement économique. Les entrepreneurs ont besoin de nouvelles infrastructures, des plateformes de sociofinancement, des living labs, des espaces de collaboration, des villes (des communautés) intelligentes et numériques.

En plus de vivre le phénomène du reshoring, les professionnels en développement économique doivent concentre davantage leurs efforts sur la création de startups, et les entreprises à fort potentiel de croissance.

Les professionnels devront apprendre à utiliser de nouveaux outils, le lean startup, l’effectuation, les diagnostics cinq fonctions, le coaching d’affaires, etc.

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A propos jeanlepage

Œuvrant dans les domaines du développement économique et de l’entreprenariat depuis plus de 25 ans, Jean Lepage a contribué à soutenir un bon nombre d’entrepreneurs dans la création et l’expansion de leur entreprise. Il a aussi lancé à son propre compte plusieurs entreprises. Aujourd’hui, il dirige une équipe composée d’une quinzaine de professionnels en développement économique au sein de Développement économique – CLD Gatineau. Il siège aussi sur plusieurs conseils d’administration et tables de concertation de divers organismes. A titre d’auteur et chroniqueur, il s’intéresse à la créativité et à l’innovation. Auteur du livre " Innover pour prospérer ", il a aussi publié une quarantaine d’articles dans le journal Réseaux.
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2 commentaires pour Évolution du développement économique au Québec

  1. Julie dit :

    Bonjour Jean,
    Survol intéressant et pertinent en ce moment. Je suis curieuse de savoir d’où provient de nombre 1700 organismes qui viennent en aise aux entrepreneurs. Comment a-t-il été calculé? Merci!

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