Comment se développe le goût d’entreprendre

Par Jean Lepage

Pour L’anthropologue Helen Fisher, les mécanismes de l’attraction se divisent en trois phases qui s’entremêlent : le désir, l’attrait et l’attachement. Ces trois phases sont présentes dans tous ce que vous entreprenez, que ce soit pour créer une entreprise, pour lancer un nouveau produit ou développer un nouveau marché. Le goût d’entreprendre se développe à travers c’est trois composantes.

La phase du désir

Tout d’abord, le désir nous expose à une prise de conscience personnelle qui nous amène à considérer cette voie par rapport aux autres options, mais aussi le goût de créer quelque chose d’utile. Lors de cette phase, nous avons conscience d’une petite partie de toutes les opportunites disponibles sur la terre. Qu’est-ce que je peux lancer? Un restaurant? Une boutique? Un service traiteur? Ces options font partie de notre ensemble de considérations. L’idée d’affaires est encore vague dans notre esprit. Mais, le désir devient de plus en plus ardent.

Cette phase vécue par tous les entrepreneur, nous indique que nous sommes ouverts aux opportunités et que nous sommes vigilants face aux signaux émanant de notre environnement. Ces facteurs augmentent notre capacité de découvrir des problèmes mal résolus, des besoins mal desservis ou encore de nouvelles façons de faire permettant de satisfaire la clientèle visée. Ces informations utiles peuvent devenir les sources de nouvelles opportunités d’affaires.

Nous jaugeons nos connaissances, nos champs d’intérêt, notre personnalité, nos passions que nous tentons de coller à un type d’entreprise ou à un autre. Laurent Beaudoin de la firme Bombardier avait le désir de se diversifier lorsque son entreprise était au prise avec une crise majeure dans l’industrie de la motoneige.

La phase de l’attrait

A travers nos recherches, en interagissant avec d’autres personnes faisant partie de notre réseau de contact une piste particulièrement attrayante émerge tout à coup. Nous décidons alors de pousser plus loin l’investigation. Cependant, à ce stade, les idées d’affaires sont encore trop vagues dans notre esprit pour en saisir tout leur potentiel. Parce qu’il nous manque trop d’information, les biais cognitifs entrent en action et distordent nos perceptions. En s’informant sur les tendances, le comportement des clients, le marché, nous voyons de plus en plus clair.

À force de tenter de comprendre, d’extrapoler, et d’interpréter, tout à coup, nos pensées se cristallisent autour d’une idée qui nous semble particulièrement intéressante. Nous la travaillons, nous nous faisons une tête, nous pensons déjà qu’elle va marcher. L’attrait pour une idée d’affaire se développe. Nous y prenons goût. Cette pulsion qui nous pousse à y mettre de l’énergie, bouleverse notre biochimie. Elle crée du Wow! Nous y accordons une valeur importante. Juste le fait de l’avoir découverte nous procure déjà des sensations fortes et du plaisir. Nous nous sentons séduite par elle, elle nous attire, nous la trouvons belle.

Dans le désir de se diversifier, Laurent Beaudoin de Bombardier avait examiné plusieurs opportunites d’affaires. Mais c’est dans l’industrie ferroviaire qu’il a décidé de le faire.

La phase de l’attachement

Nos énergies et nos moyens sont alors dirigées vers la concrétisation de cette idée. Peu à peu, nous nous l’approprions. Nous la maîtrisons de mieux en mieux. Nous persévérons en mettant les efforts nécessaires pour la réaliser. C’est le début de la phase de l’attachement. Après quelques validations, plus d’information et quelques démarches d’exploration, nous nous engageons dans un projet jusqu’à ce que nous procédions à la mise en marché de notre idée.

Au fur et à mesure que Bombardier obtenait des contrats et faisait l’acquisition de technologies, elle est devenue un joueur de classe mondial incontournable dans l’industrie ferroviaire.

Entreprendre est le choix délibéré de construire, de faire les efforts pour passer à travers les défis et obstacles. Il amene une nouvelle dimension dans notre vie, à la fois riche en émotions et en sentiments.

Les lois de l’attraction ajoutent un leitmotiv à l’action entrepreneurial même si l’entrepreneur évolue dans un environnement incertain. Elles complètes parfaitement la logique de l’effectuation.

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A propos jeanlepage

Œuvrant dans les domaines du développement économique et de l’entreprenariat depuis plus de 25 ans, Jean Lepage a contribué à soutenir un bon nombre d’entrepreneurs dans la création et l’expansion de leur entreprise. Il a aussi lancé à son propre compte plusieurs entreprises. Aujourd’hui, il dirige une équipe composée d’une quinzaine de professionnels en développement économique au sein de Développement économique – CLD Gatineau. Il siège aussi sur plusieurs conseils d’administration et tables de concertation de divers organismes. A titre d’auteur et chroniqueur, il s’intéresse à la créativité et à l’innovation. Auteur du livre " Innover pour prospérer ", il a aussi publié une quarantaine d’articles dans le journal Réseaux.
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