Mes cinq principes d’accompagnement des startups

Par Jean Lepage

En matière d’accompagnement, cinq grands principes guident mes interventions dans les startups. Je m’assure que mes clients comprennent bien le contexte et les limites de mes interventions, de même à quoi je m’attends d’eux. Ces principes sont : 1- les résultats découlant des actions sont imprévisibles, 2- il faut se concentrer sur les coûts, 3- l’échec n’est pas le risque le plus important, 4-  l’équilibre entre le bonheur et  la douleur est mince, et  5- je dois m’assurer que le projet se déroule dans les meilleures conditions.

1- Les résultats découlant des actions sont imprévisibles

Un véritable entrepreneur passe à l’action afin de constamment pousser ses idées vers l’avant. Même si son modèle d’affaires présente des failles ou encore que le marché semble incertain, les résultats obtenus à la suite de ses actions sont souvent surprenants. Ces actions entrepreneuriales visent à faire des contacts et développer son réseau,  convaincre, demander des ressources,  négocier, et établir des partenariats. Vaut mieux miser sur le bon capitaine, que tenter de créer de découvrir le bon océan ou le bon projet. Il est impossible de prévoir les effets de ses actions, ni qui il rencontrera en cours de démarche et son impact sur le déroulement de son projet.

2- Il faut se concentrer sur les coûts

Tant que l’incertitude n’est pas contrôlée, l’entrepreneur ne devrait pas perdre trop de temps pour tenter de prévoir ses revenus. Il doit plutôt se concentrer sur les prévisions reliées aux frais d’exploitation parce qu’il qui sont beaucoup plus faciles à estimer.   Il existe de nombreuses façons créatives de réduire les frais d’exploitation afin que l’investissement devienne abordable. Chaque dollar ainsi économisé est un dollar que l’entrepreneur n’aura pas besoin d’aller chercher en prêt ou en investissement. Moins d’argent provenant de l’extérieur diminue les contraintes de l’entrepreneur.

3- L’échec n’est pas le risque le plus important

Dans un contexte d’incertitude, la ligne entre l’échec et le succès est souvent très mince. À ses débuts, la startup qui réussira ressemble sur plusieurs points à celle qui s’avèrera un échec. Il est très difficile de prédire à l’avance laquelle survivra. L’échec est une source stratégique d’information et même un tremplin vers le succès. Il y a des façons de faillir rapidement, sans grande conséquence, et de façon intelligente. Le plus important c’est de continuer à essayer.  À un moment donné, toutes les chances de succès sont du côté de l’entrepreneur. Au-delà du risque d’échec, il y a aussi le risque de ne pas avoir tenté de saisir une opportunité. Ne pas tenter sa chance est pire que de ne pas avoir essayé.

4- L’équilibre entre le bonheur et la douleur est mince

Les entrepreneurs prennent constamment des décisions qu’ils perçoivent comme étant les meilleurs à un moment donné. Si le résultat des  actions qu’ils prennent contribue à leur bonheur, ils répèteront l’expérience. Lorsqu’ils ont le sentiment que les choses progressent, ils conservent leur motivation. Mais en même temps qu’ils travaillent d’arrache-pied sur leur  projet, ils épuisent peu à peu leurs ressources. L’angoisse, l’usure, la fatigue, les conflits interpersonnels, la perte de crédibilité ont des effets négatifs sur leur comportement et leurs décisions futures.  Le principal frein de l’entrepreneur n’est généralement pas l’argent, le désir ou le manque de motivation, mais les contraintes qu’il doit affronter tous les jours pour créer sa startup et qui l’empêchent d’agir.  Lorsque le professionnel l’aide à réduire ses contraintes,  l’entrepreneur augmente son contrôle sur son projet, accroit sa marge de manœuvre et accélère ses démarches.  Tout accompagnement suppose au préalable qu’il y a un besoin d’aide et cette dernière n’est pas nécessairement financière. Afin de mieux saisir ses contraintes, je reviens souvent avec cette simple question : « Quelles questions te poses-tu dont tu n’as pas encore la réponse? ». Je travaille aussi souvent avec une perspective de plan B avec le client.

On doit se rappeler qu’en affaires, tout comme dans sa vie personnelle, le voyage est plus important que la destination.

5- Je dois m’assurer que le projet se déroule dans les meilleures conditions

Je joue en quelque sorte, le rôle d’un metteur en scène. L’accompagnement crée les conditions de pris en charge de l’entrepreneur par le professionnel à travers un instrument, son projet d’affaires. Les conseils ne sont qu’un des aspects de l’accompagnement, il y a le mentorat, le coaching, les réseaux express,  le co-développement, la formation,  la mise en relation, etc.

Une partie importante de mon travail consiste à challenger l’entrepreneur et ses hypothèses fondamentales de création de valeur et de croissance. Mon but est de l’aider à approfondir son projet afin de renforcir son modèle d’affaires. On n’aide pas les entrepreneurs à réussir en les forçant à faire un plan d’affaires, mais en le mettant dans l’action. Les actions demandées doivent être graduelles et suivre un plan de match convenu avec lui. Ce plan doit contenir des dates, des actions et une fin prévue. Lorsque je rencontre un client pour la première fois, nous convenons d’un plan de match commun. Je propose aussi ma méthode d’accompagnement, laquelle doit être acceptée par l’entrepreneur. Chaque partie sait comment l’autre partie peut contribuer au projet. Il faut aussi se rappeler que c’est le projet des entrepreneurs et non celui des professionnels. Les entrepreneurs sont imputables de leurs décisions. Ils ne doivent pas devenir de simples spectateurs de leur propre projet.

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A propos jeanlepage

Œuvrant dans les domaines du développement économique et de l’entreprenariat depuis plus de 25 ans, Jean Lepage a contribué à soutenir un bon nombre d’entrepreneurs dans la création et l’expansion de leur entreprise. Il a aussi lancé à son propre compte plusieurs entreprises. Aujourd’hui, il dirige une équipe composée d’une quinzaine de professionnels en développement économique au sein de Développement économique – CLD Gatineau. Il siège aussi sur plusieurs conseils d’administration et tables de concertation de divers organismes. A titre d’auteur et chroniqueur, il s’intéresse à la créativité et à l’innovation. Auteur du livre " Innover pour prospérer ", il a aussi publié une quarantaine d’articles dans le journal Réseaux.
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