5 façons de diminuer l’incertitude d’une idée

Par Jean Lepage

Selon Alexander Osterwalder, co-auteur du canevas du modèle d’affaires, dès que l’entrepreneur commence à explorer de nouvelles idées, il entre dans un espace généralement incertain. Il ne peut savoir à l’avance si l’idée va fonctionner. Il y a des façons de réduire l’incertitude. Voici cinq façons proposées par Alexander Osterwalder pour réduire les risques et l’incertitude:

  1. L’incertitude est au maximum au début des démarches

Ne perdez pas trop de temps avec le plan d’affaires. Généralement, les entrepreneurs ne comprennent pas bien l’impact de l’incertitude sur leur projet. Lorsque les risques et l’incertitude sont grands, cela ne sert à rien de perdre trop de temps pour raffiner et perfectionner l’idée. Il est préférable de travailler avec une idée brute, et la rendre juste assez claire afin d’être en mesure de la tester, même si elle n’est encore que sur papier. La priorité des startups consiste à chercher le bon modèle d’affaires et la bonne combinaison de proposition de valeur.

  1. Commencer par tester les hypothèses les plus risquées

L’entrepreneur fait de nombreuses hypothèses sur le comment et le pourquoi l’idée choisie deviendra un succès. De manière à réduire l’incertitude, la tâche la plus importante est d’identifier ces hypothèses et démontrer leur validité en les testant. Les hypothèses sont toutes les affirmations qui soutiennent une idée. Après avoir dressé la liste d’hypothèses, il faut identifier celles qui sont les plus risquées et les tester en premier. Elles peuvent être reliées aux clients (les bénéfices, les irritants, les attentes…), aux couts de production ou à toutes autres fonctions de l’entreprise.Blank_Fork

  1. Tant que l’incertitude n’est pas réduite, proposez de débuter en faisant plusieurs petites expériences, peu couteuses.

Dès que l’incertitude est mieux contrôlée, l’entrepreneur peut investir un peu plus dans son projet. Il y a de fortes chances que ses hypothèses de départ reposent sur de mauvaises prémisses. Si l’entrepreneur débute par des expériences intensives ou à grand déploiement, les couts engendrés par de mauvaises hypothèses, sans compter les risques de découragement (émotions négatives) sont beaucoup trop élevés. Quand l’incertitude est grande, l’entrepreneur devrait plutôt procéder par de petits essais rapides. Il augmentera sa mise après avoir appris un peu plus sur ce qui fonctionne ou pas. Après un certain temps, il disposera de suffisamment de preuves pour conclure si l’idée fonctionne. Il pourra alors penser à l’étape de l’implantation et plus tard, du changement d’échelle.

  1. L’expérience doit d’abord servir à l’apprentissage

Une des premières expériences à mettre en place sera la mise au point d’un produit minimum viable (MVP- Minimum viable Product). Il s’agit avant tout d’un prototype pour un marché particulier. Le MVP peut prendre plusieurs formes. Il n’y a pas de règles absolues. Il sert à mieux connaitre le créneau de marché et à comprendre les attentes des clients potentiels. Le MVP peut prendre la forme d’une vidéo, un formulaire, une campagne de sociofinancement, un blog, un petit site web… Avant d’imaginer son MVP, l’entrepreneur doit explorer et tenter de mieux comprendre les clients potentiels. Pour commencer, il est préférable de parler à un grand nombre de consommateurs afin de découvrir leurs besoins cachés, et ce qui les intéresse dans les solutions actuelles. L’expérience à petite échelle, c’est aussi se poser la question : quelle est la plus petite fonctionnalité que l’entrepreneur pourrait vendre et qui permettrait de résoudre leur problème et de créer des gains? C’est pourquoi l’interaction avec les consommateurs est aussi importante. Une fois que l’entrepreneur les comprend mieux, il est plus économique de continuer ces expériences que de se lancer dans l’élaboration d’un produit final.

  1. La construction d’une entreprise débute seulement après avoir trouvé le bon modèle d’affaires et la bonne proposition de valeur.

Une entreprise ne peut survivre sans une proposition de valeur suffisamment attrayante. Elle ne survivra pas non plus si dans son modèle d’affaires, les coûts excèdent les revenus. Même si le produit livre une bonne valeur, si le coût d’acquisition des clients excède les revenus que l’on peut espérer d’eux, la startup est vouée à un échec.

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A propos jeanlepage

Œuvrant dans les domaines du développement économique et de l’entreprenariat depuis plus de 25 ans, Jean Lepage a contribué à soutenir un bon nombre d’entrepreneurs dans la création et l’expansion de leur entreprise. Il a aussi lancé à son propre compte plusieurs entreprises. Aujourd’hui, il dirige une équipe composée d’une quinzaine de professionnels en développement économique au sein de Développement économique – CLD Gatineau. Il siège aussi sur plusieurs conseils d’administration et tables de concertation de divers organismes. A titre d’auteur et chroniqueur, il s’intéresse à la créativité et à l’innovation. Auteur du livre " Innover pour prospérer ", il a aussi publié une quarantaine d’articles dans le journal Réseaux.
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